Lundi 25 février 2008
picasso.jpgOui même à quarante ans il n'est pas exclu d'avoir de l'ambition, au travail j'y mettais de l'ardeur et commençais à prendre des responsabilités en tant que P 3, de plus j'étais très disponible, quand il y avait des pannes assez graves sur des installations qui assuraient la marche compléte de l'établissement et qui ne devaient rester longtemps à l'arrêt, ils faisaient appel à des volontaires même pendant leurs repos, il m'est arrivé d'être appelé alors que je venais de terminer mon poste de quelques heures, sans savoir pour combien de temps je serais parti, et cela m'a fait remarquer par mes supérieurs, ils savaient qu'ils pouvaient compter sur ma personne, et de plus cela me faisait un gain supplémentaire sur la fiche de paye, ce n'était pas négligable, une année s'était passée, et un jour le contremaitre adjoint m'a convoqué dans son bureau pour me dire qu'il avait bien réfléchi, qu'il me voyait bien en contremaitre de terrain, et pour cela je devais suivre une formation dans un centre d'instruction de maitrise en sidérurgie  qui se trouvait à Denain autre ville, autre usine du groupe Usinor,je ne l'aurais pas contredit, c'est ainsi que j'ai était convié à suivre un enseignement d'agent de maitrise en séminaire ,d'une durée de trois mois, cela devait se passer non loin du centre sidérurgique ,dans  le bassin de l'Escaut,du 15 Décembre 1978 au 15 mars 1979, je me souviens que cette année il y a eu un terrible hiver, beaucoup de neige, et du froid qui a duré pendant toutes les fêtes de fin d'année, les cours commençait le lundi matin, jusqu'au vendredi midi, en séminaire, nous nous y rendions en train, emmenés en gare de Dunkerque par taxis, même un wek end nous n'étions pas revenus, la SNCF avait suprimé certain train, le gasoil gelait dans les motrices, ce ne fut pas agréable pour nous privés de notre famille et surtout pour nos épouses qui avaient déja tous les autres jours les charges de la maison et des enfants, mais le temps passé m'a donné raison avec ma nomination en fin de formation, et oui j'ai réussi le  concours ce qui m' a permis de passer contremaitre de terrain, donc agent de commandement, assimilé cadre, qui consistait à avoir pas mal d'avantages, bien sûr j'eus  plus de responsabilités, mais j'aimais cela.IMG.jpg
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Mardi 26 février 2008
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Donc me voilà à la tête d'une équipe de spécialistes dans tous les travaux à effectuer dans l'usine complète, de la chaudronnerie à la mécanique, du Gréage à la Vulcanologie, nous étions surtout envoyés pour des avaries de mécano gréage, c'est à dire à tous les équipements des ponts roulants, cables et poulies ainsi que sur les portiques du quai minéralier, là nous travaillions essentiellement en hauteur, les cables faisaient de 50 à 60 millimêtres de diamêtre et mesuraient jusqu'a 200 mêtres, il servaient à  supporter et actionner les bennes à minerai, au déchargement des minéraliers venus de par le monde comme le Brésil, l'Australie, tranportant par loin de 130000 tonnes à240000 t de minerai, ces monstres mesuraient 75 mêtres de large sur 200 mêtres de long même plus parfois, il fallait de 24 à 36 heures pour venir à bout du déchargement avec 3 portiques en action sans interruption, car si il y avait du retard soit pour panne de portique ou de bandes transporteuses, le temps supplémentaire à quai coutait une fortune et était facturé au client donc Usinor je pense qu'en ce temps là cela coutait 25 millions de l'heure soit 250000 nouveaux francs, de retard au départ du navire, de plus dans certain cas, çà occasionnait une attente de marée, qui devait être haute afin de permettre à ces monstres marins de franchir les écluses, nous intervenions aussi sur les bennes faites pour emporter à chaque prise pas moins de 80 t de minerai, donc une usure importante des tôles et des articulations, tout se faisait sur place et par tous les temps été comme hiver, et certains hiver, celà a été très dur,  pour les mains surtout par le froid glacial et le vent du nord qui n'avait rien pour être freiné le long des quais, quand arrivait la fin de poste nous étions heureux de passer à la douche bien chaude avant de reprendre les bus de retour pour la maison.20aout06ArcelorPortiqueChinoisSite01.jpg


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Mardi 26 février 2008
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Cette fois nous devions intervenir sur les cables de ripeurs au laminoir tôles épaisses, ces cables servaient à entrainer des sabots coulissant entre des grilles en fonte-aciérée, eux même entrainant les grosses toles fraichement laminées encore toute rouges, pour les emmener au lieu de stockage et refroidissement, ces tôles avaient été laminées dans la cage appelée quarto l'ensemble grille ripeurs était de trés forte chaleur, et nous avions du mal à se maintenir dessus même avec nos grosses chaussures de sécurité quant au remplacement des cables qui se trouvés au dessous des grllles sur des tambours enrouleurs, je ne vous dis pas la chaleur pour y travailler, cela passait bien les 40 o de plus le temps était compté car les futures brames prêtes à être laminées attendaient dans les four afin de les garder à bonne température pour les laminer, souvent nous y passions le poste complet ce qui bloquait la production, mais permettait à ce moment là d'assurer l'entretien de tout l'outillage restant par les gars du secteur afin de les occuper pendant l'arrêt, nous ne pouvions point nous dévétir sans le risque de nous bruler sur l''installation, en fin de poste nous étions encore heureux de nous rafraichir avec une bonne douche.plancher2.jpg


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Mardi 26 février 2008
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Et oui le remplacement d'une vanne à vents chaud, là c'était un gros travail, il fallait pas moins de dix ouvriers sur place, ça commencait déjà par une longue préparation, amener sur place tout l'outillage nécessaire au démontage de la vanne des circuits de refroidissement d'amener la vanne neuve sur place qui ne pèse pas moins de douze tonnes, de plus il fallait vérifier que les moyens de levage sur place étaient en état de marche, enfin nous suivionts un feuillet ou était stipulé toute la marche à suivre ce qui était trés bien car les imprévus rencontrés lors de précédents démontages y étaient inscrits, de toutes façons comme on dit un travail bien préparé et un travail à moitié fini.
Hum ! de plus nous devions faire au plus vite et cela pendant la marche du Haut Fourneau, ce qui nous obligait d'oeuvrer sous surveillance du Gaz, ce terrible gaz de haut fourneau oxyde de carbone inodore mais foudroyant surtout sur ces lieux là, c'est ainsi qu'un des hommes était de permanence avec le controleur à gaz nommé pipette, qui devait évaluer la teneur en gaz autour des ouvriers enfin sur tout le chantier, en plus nous avions sur place à proximité des fenzy, appareils à oxygéne prévu pour évoluer en zone gaz, c'est pourquoi tous les hommes de notre service devaient suivre des stages de formation anti gaz et apprendre à se servir des matériels de sécurité, bon après la préparation nous commencions à démonter toutes les conduites de refroidissement car ces vannes servaient aux conduites de vents chauds très chauds même plus de 1000 degrés, ces vents venaient des cowper gros cylindres verticaux emplis de brique réfractaires et chauffés par des bruleurs à gaz venant de de la cockerie ou acierie, en passant dans les cowper les vents de soufflerie prenaient leur température avant d'être envoyés dans le haut fourneau par conduites jusqu'aux tuyéres genre de buses placées tout autour du HF et faisaient la combustion des matières pour en faire de la fonte.
Donc une fois le débranchement effectué nous fermions la vanne d'arret pour ne pas être rôti nous serions carbonisés sur place aprés il fallait faire vite, à enlever la vanne et remettre la neuve sachant qu'elle pèse 12 tonnes, de 8 mêtres de haut 4 mêtres de diamêtre donc manipulation très sérieuse dès la nouvelle en place et fixée par quelques boulons et raccordée au service des eaux nous pouvions réouvrir la vanne d'arrêt, la marche du haut fourneau pouvait reprendre normalement, il nous restait à finir les fixations les branchements eaux et electricité, dégager l'ancienne vanne HS et ranger le chantier
Oh! il nous fallait bien trois postes de travail environ.hf6.jpghauts-fourneaux-1.jpg
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Mardi 4 mars 2008
06.jpghypertension-20004.jpgLes annéees sont passées en me confirmant dans le rôle d'agent de maitrise,nous nous entendions trés bien toute l'équipe aussi bien sur les relations hommes à hommes que sur le travail, et cela est un élément de qualité, c'est de l'automatisme, chacun connaissant son propre travail respectant ses coéquipiers, et vice et versa, chaque année nous devions passer des visites médicales très poussées au sein de l'entreprise,étant donné les situations et lieux de travail assez périlleux où nous nous trouvions souvent.
Cette année 1986 je fus averti par le médecin chef que je faisais beaucoup trop de tension artérielle, et le couperet tomba, ne plus pouvoir assurer ma fonction sur le terrain, risque de vertige ou perte d'équilibre, cela n'a pas tardé, je suis revenu au bureau du chef de poste avec le compte rendu de la visite, celui-ci avait déja été prévenu par l'infirmerie qu'à peine arrivé il m'annonça que j'étais convoqué dans le bureau du chef d'atelier, ce n'est pas sans appréhension que je m'y suis rendu bref, avec le compte rendu du médecin
Le chef d'atelier me fit asseoir,  il avait bien vu dans quel état j'étais et après avoir discuté un moment sur le verdict, voir les possibilités de mon reclassement, l'ingénieur nous a rejoint et après qu'ils se soient concertés ces deux hommes m'ont fait une proposition, que si je le désirais ils m'offraient une place de préparateur de travaux en remplacement de celui sur place partant en retraite, deux mois plus tard dans ce cas là je garderais mon statut d'agent de maitrise même de contremaitre d'alleurs ils ne pouvaient me rétrograder vu la convention de travail des cadres, j'ai pensé à ma famille, qu'il fallait que je reste en feux continus de plus dans la même équipe que je connaissais trés bien le personnel, la préparation aux travaux ne m'était pas inconnue ayant déja réalisé plusieurs de ces travaux, j'ai donc accepté et de suite j'ai accompagné le préparateur pendant ces deux mois afin de me faire la main à ce nouveau poste, ce fut trés dur au début oh ! pas ce travail mais moralement à accepter surtout très habitué à bouger sur le terrain et du jour au lendemain me retrouver assis derrière un bureau avec l'informatique.
Enfin je n'avais pas d'autre choix, je ne pouvais et cela je le savais mettre ma vie et surtout celle de mes compagnons de travail en danger, l'important c'est que je continuais dans ce service et que je ne perde pas d'argent en fin de mois sur mon salairedoc-127.gif.dunkerque.jpg
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