Mercredi 29 août 2007
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Celà faisait 3 mois que j'étais à Rhilane, je fus convoqué auprès du sous-lieutenant, commandant le peloton qui me signala que suivant mes notes du peloton d'éléves gradés, exécuté en Allemagne j'étais le plus apte à suivre un 2 eme peloton de Sous- Officier. Malgré mon refus je me vis dans l'obligation d'accepter, convoqué chez le Capitaine Cdt l'escadron, il ne me demanda pas si je voulais, mais me dit : " tu vas aller à cet examen qui ne dure que deux mois c'est tout, tu feras honneur à ton peloton et tous les hommes qui t'entourent, point ! " Je devais partir pour Constantine dans les dix jours qui suivaient, entre temps j'ai reçu le grade de Brigadier chef, il parait que c'était pas mal aprés huit mois d'armée, donc dix jours plus tard j'étais parti.
Ecole, exercices, mais cette fois ce n'était pas du plaisir, car tout se passait sur le terrain des opérations, avec des soldats qui n'étaient même pas de mon régiment, avec de vrais ennemis, et la responsabilité de ces gars, que je devais conduire et commander.
Oh ! Bien sur je n'étais pas seul mais bien encadré, ces gars étaient du personnel des S.A.S et des chasseurs Alpins, enfin celà se passa bien, et dura environ deux mois, de retour dans mon escadron à Rhilane quelle fête m' ont réservée tous les copains ainsi que les Sous- Officiers, car eux connaissaient déja les résultats de l'examen par le St Lieutenant, c'est à ce moment que j'appris ma futur promotion au grade de Maréchal des Logis, ce qui ne tarda pas huit à dix jours plus tard je fus devenu Sous-Officier,galonné par le Cpt d'escadron un des plus braves Officiers que j'ai connu là-bas, et c'est à ce moment que j'ai pris le commandement de l'E.B.R (Provence) indicatif radio (papa)ainsi qu'une patrouille de commandos bien souvent volontaire de ma part, je préférais prendre des gars que je connaissais et appréciais sur le terrain, c'est à partir de ce moment là que les opérations sont devenues sérieuses.

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Brigadier- chef ci-dessus.
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par mastif Regard sur le passé publié dans : Armée communauté : Etre pour les autres.
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Samedi 1 septembre 2007
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Et voilà, je travaillais en tant que chef de voiture (EBR) deux nuits par semaine de surveillance sur le réseau électrifié, celà signifiait de patrouiller avec l'engin blindé le long de la frontière Tunisienne, de surveiller l'état des fils électriques, qui auraient subi des dommages par les Fells avec comme moyen un projecteur coaxial de tourelle,inutile de dire que nous faisions de belles cibles pour les bazookas des rebelles venus de Tunisie, d'ou mon premier accrochage avec une bande venue poser des bungalores, (longs tubes en acier bourrés d'explosifs de six à dix mêtres de long) qu'ils enfilaient sous les barbelés et ligne électrique pour les faire sauter, afin d'occasionner une brèche dans le réseau et permettre de rentrer en Algérie avec de l'armement pour le terrorisme interieur.
Donc ce jour, je me suis trouvé avec mon équipage, nez à nez avec un groupe de rebelles activés à mettre en place ces bungalores, il y en avait 16 prêts à fonctionner, aprés un sérieux accrochage d'une demi- heure environ, à l'aide de la mitrailleuse de tourelle et de plusieurs tirs d'obus de 75 explosifs, nous en sommes venus a bout, et ! sur le matin au lever du jour nous avons pus constater la mort de trois rebelles, la prise de 16 bungalores, ainsi que de l'armement individuel, je me suis trouvé là au bon ou mauvais moment suivant comment on peut le comprendre ! Car si cela avait sauté juste au moment de notre passage non seulement il y aurait eu une brèche de 20 à 30 mêtres au moins mais mon équipage et moi-même ne serions pas là pour l'écrire, ensuite la troisieme nuit était de repos la quatriéme était d'alerte, ce qui consistait à être  prét à toutes demandes de renforts, la cinquiéme était très souvent une patrouille commandos, soit embuscade, suivant indication de l'aviation ayant vu des mouvements rebelles dans la journée en frontière,  où nous allions pour  essayer de les intercepter, ce qui n'était pas de tout repos, bien souvent en térritoire Tunisien car les frontières n'étaient pas délimitées, soit nous accrochions où nous étions accrochés, malheureusement pas toujours sans pertes d'hommes ! Mais là je n'en dirais pas plus, trop douloureux  rien que d' y  repenser.
De ce fait, un peu plus haut, celà nous a valu mon équipage et moi même c'est à dire mon pilote et frère d'armes Gilbert mon tireur de tourelle, ainsi que mon deuxième pilote arrière tous les quatre la Croix de la valeur Militaire avec étoile de bronze, remise par le lieutenant Colonel De la Morsanglière commandant le 3ème Régiment de Chasseurs d'Afrique fin mars 1960.



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par mastif. Regard sur le passé publié dans : Armée communauté : Etre pour les autres.
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Lundi 3 septembre 2007
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Les mois continuaient à passer sachant ma libération aux environs de fin d'année 1960 peut-être !
  Pour le moment j'étais de peloton d'alerte et ce jour du 18 juillet il y eu un gros evénement; vers 23 heures alerte signalée venant du réseau Sud, une violente explosion nous est parvenue, et sitôt un appel radio,rassemblement immédiat aux blindés et avec trois équipages,nous nous dirigeames vers le lieu indiqué de l'incident, nous avons vu de loin une épaisse fumée, en arrivant sur place c'était un EBR en flamme ce qui nous a donné la rage au corps, et la méfiance de subir la même attaque, arrivés à proximité nous fûmes accueillis par un feu nouri d'armes automatiques et Bazookas, qui d'ailleurs un des projectiles est venu faire exploser le pot fumigène du coté de la tourelle, s'il  nous etait arrivé de face, nous n'aurions pas eu le temps de souffrir, avec ces Bazookas américains là nous n'avions aucune chance de survie en cas d'impact franc,ce qui avait du arrivé à l'EBR en feu, répondant de toutes nos armes, attaqués par des forces très importantes.

Aprés avoir rendu compte par radio à mes supérieurs je donnais l'ordre aux deux autres équipages et moi même de franchir le réseau,celui ci arraché certainement par des bungalores, vu l'explosion entendue nous avons poursuivi nos assaillants en faisant de vrais cartons il y en avait partout,ce fut un vrai corps à corps pendant 30 bonnes minutes au moins, bien que l'on ne se rend pas bien compte du temps ! Aprés ce fut l'accalmie nous sommes revenus au abords de l'EBR touchés, car avec les munitions à bord nous n'avions pu approcher, et là ! quelle  douleur ! tout l'équipage y avait laissé dans cette fournaise 4 chasseurs morts pour la France ! vous pensez  ! j'en rage encore 47 ans aprés.
Nous nous sommes installés en position d'alerte constante pour attendre le jour, et je peux affirmer que cà tourne dans les têtes, après un tel accrochage, au petit jour nous avons été rejoint par une section du 31 eme Génie pour effectuer les réparations du réseau électrifié, et là ce fut la surprise sur le terrain une quinzaine de fells tués 6 blessés et un nombre impressionnant d'armes abandonnées, de la carabine, fusils, pistolets mitailleurs, bazookas, et grenades en vrac et emballés dans des sacs, comme s'ils avaient tout abandonné en se sauvant, mais cela ne nous a plus étonné en voyant l'age de ces combattants abattus ou blessés, à mon avis pas plus de 16-18 ans des gamins, peut-être bien enrôlés de force dans un combat qu'ils ne comprenaient pas eux-mêmes
Aprés l'arrivée d'un détachement de notre Escadron nous sommes rentrés au campement pour nettoyage de l'armement,canon,mitrailleuses, armes individuelles, réaprovisionnement en munitions, faire le plein de carburant. Là ! nous pouvions aller nous reposer, enfin assayer, car dans un tel cas c'est plutôt aux commentaires d'après coup  avec une bonne rassade de " cognac " peut-être, surement, pour éviter de parler de notre peur qui se ressentait plus tard. 
Je peux en témoigner car à chaque fois ce fut la même chose mais on ne veut pas se l'avouer.

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par mastif Regard sur le passé publié dans : Armée communauté : Etre pour les autres.
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Mardi 11 septembre 2007
Quelques semaines plus tard je fus décoré, et je reçus des mains du Capitaine Cdt l'escadron la Croix de la valeur militaire à l'ordre de la division, avec étoile d'argent pour commandement excellent et prise de décisions rapides lors de l'accrochage, ce qui a permis la prise de prisonniers et d'armes en grande quantité, une autre fois et ce sera mon dernier accrochage avant ma libération, sortie en patrouille de nuit comme toujours, suite à un passage de rebelles, aperçus par l'aviation dans l'aprés-midi aux alentours du col frontalier des hauts plateaux en frontière Tunisienne, nous sommes partis la nuit tombée vers 22heures 30, un brigadier chef tireur FM, de mon pote Gilbert et pilote, et de cinq autres chasseurs tous  habitués de l'équipe que nous faisions, chargés de notre armement individuel, et de quelques grenades à Fusils, nous sommes partis vers la frontière aprés une longue marche sans éclairage pour ne pas se faire repérer, nous sommes arrivés là ou nous comptions attendre les rebelles,et en tant qu'attente c'était eux qui nous attendaient armés jusqu 'aux dents, reçus par des salves d'armes automatiques, notre réaction fut immédiate, pris sous le feu des deux côtés dans les premiéres minutes nous avons eu un blessé assez grave, le secouriste s'en est occupé, ce fut qu'après plusieurs lancers de grenades à fusil qu'il y a eu une accalmie, oh ! pas pas longue car ils s'étaient bien organisés, les rebeles pour protéger leurs retraite, ils avaient mis en batterie un mortier et là nous avons été cloués au sol quand les tirs se sont arrêtés, il n'y avait plus personne sur le terrain à par nous pour compter nos blessés et organiser le retour. Une fois au campement il a fallu établir le compte rendu, et ce ne fut pas facile, car expliquer les raisons que nous étions attendus,  là ou nous devions intercepter les rebelles, celà ne pouvait être qu'il y avait eu des fuites sur notre mission, mais d'où venaient elles ? Alors que la destination nous  est donnée que 10 minutes avant notre départ. Comme nous disions la bas le téléphone arabe fonctionne, enfin ce fut la derniere opération que j'avais accomplie, la libération approchait.
par mastif. Regard sur le passé. publié dans : Armée communauté : Etre pour les autres.
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Mercredi 19 septembre 2007
87-limoges-gar-1973-COSTES.jpgAprés 24 heures de traversée nous accostâmes à Marseille le 25 Octobre 1960, il faisait un vrai froid de canard, de plus nous étions habillés de notre tenue d'Afrique beige clair, que sera notre arrivée à Lille ?
Bien que, je ne sais pourquoi je n'étais pas pressé de rentrer, premièrement, je n'ai pas pris le convoi spécial prévu pour les libérables qui ne voyagait que de nuit, en faisant arrêt à presque toutes les gares afin de laisser passer les trains à grandes lignes, en tant que Sous- Officier et fils de cheminot je pus m'arranger avec un responsable de la gare, ce qui m'a permis de prendre un train normal avec deux autres potes qui eux travaillaient à la SNCF, un de Lyon et mon ami Lucien de Douai, puis seul jusqu'à Lille.
Je ne sais pourquoi mais j'ai été pris d'une panique de rentrer chez moi, bien qu'ayant prévenu j'étais plus stressé que tous les coups durs subis en AFN.
Arrivé à Lille ma soeur Jacqueline m'attendait, ce ne pouvait être qu'elle d'ailleurs, quand arrivé à la maison j'ai été accueuilli comme si j'étais parti en vacances, je préfère ne pas approfondir car personne ne pourrait imaginer ni comprendre. Il me restait encore 15 jours de perme sous contrat de l'armée, ce qui m'a permis de faire des achats de vêtements, et oui, je n'avais que les fringues de l'armée, tous mes anciens vêtements, et bien plus, toutes les choses personnelles, jusqu'au dictionnaire acquis au certificat d'études, tous mes petits objets personnels, photos etc... celà avait été donné ou jeté donc je me suis racheté un costume, chemises, cravatte, linge de corps, ainsi qu'une chambre à coucher, car j'étais couché sur un lit métallique avec matelas en capok encore un matelas d'après guerre, heureusement que j'étais revenu avec beaucoup d'argent gagné en AFN, salaire de Sous-Officier super ADL, n'ayant pu dépensé dans le bled celà me faisait une belle somme aprés insistance de ma mère j'ai pris leur lit, et leur ai laissé la chambre neuve, et oui.
Peu de temps après j'ai eu la visite de deux copains du quartier et d'école eux aussi rentrés de peu qui on tout fait pour me sortir, mais je n'en avais aucune envie, je pensais déjà que je repartirais à l'armée, je ne sais pas je ne me sentais pas très bien chez moi, aucune communication entre nous, enfin ces copains ont tellement insistés que je suis sorti avec eux au cinéma appelé Cinévog.ivr31-86591372x-v.jpg
par mastif publié dans : Faits divers communauté : Nord-Pas-de-Calais.
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