Lundi 10 mars 2008
pr-retrait-s1.jpgl-ennui.jpgBien habitué à mon nouvel emploi de bureaucrate, où j'essayais d'améliorer le système de préparation de méthode de travail, de mes connaissances sur le terrain je pouvais avoir de nouvelles approches sur l'exécution des travaux, en ce qui concerne la pénibilité, le gain de temps à apporter afin de se placer sur le marché des intervenants dans l'usine, sachant que nous étions sur le même rapport en concurrence avec les entreprises extérieures, surtout que certains ouvriers atteignant la cinquantaine avaient été avertis d'un départ anticipé à la retraite, enfin on nommait dispense d'activité, cela pendant cinq années, suivies de cinq ans en cessation d'activité avec le licenciement à  l'appui  jusqu'à soixante ans âge de la retraite, cette situation en ce moment là s'appelait la restructuration de la sidérurgie, au départ cela faisait entendre que chaque départ permettrait d'embaucher des jeunes en remplacement, oui mais ce ne furent que des bruits, après décision lors de réunions à Paris entre le patronat de la sidérurgie et le gouvernement, la convention commença en 1979
Les premiers partants avaient 84% du salaire brut disons qu'ils gagnaient davantage qu'en activité et plus les années passèrent les départs étaient de moins en moins rétribués, donc un jour j'appris que je pourrais être dispensé à cinquante ans, ah quelle claque !  moi qui croyais encore avoir de l'avenir en qualification et en pleine form, je ne me voyais pas à la retraite à cinquante ans et un jour le couperet s'est abattu je me souviens encore comme ci s'était hier !
Le chef d'atelier est venu à treize heures à la prise de poste de l'après midi ce qui était rare de le voir à cette heure là, il me dit voilà vous allez voir pour vos congés pas de les prendre avant votre anniversaire de cinquante ans,  car vous avez de la chance vous partez en en CGPS, c'est à dire en dispense d'activité, et me dit en plus vous n'avez pas le droit de faire aucune activité rénumérée sous peine de perdre tous les acquis et repartir à zéro, mon salaire serait maintenu à 79% du brut ce qui ne me faisait pas perdre beaucoup de salaire du moins pendant les cinq premiéres années, car à 55 ans je serais rappelé pour signer les accords de licenciement et calculer la prime de départ. 
Oh, cela était mi mai 1988 je me suis assis un bon moment et ensuite vu que je ne pouvais rien tenter pour aller contre j'ai calculé mes congés et repos de récupération sachant que je devais libérer le plancher au 2 juillet de cette même année, ce qui m'a fait arrêter le 22 mai 1988.              
Et oui depuis ce temps là je suis arrêté, oui j'en ai bénéficié bien sûr mais le travail n'a jamais tué personne surtout je pensais bien monter dans la hiérarchie pour m'assurer une retraite décente, et bien non tout était coupé c'est d' ailleurs ce qui le plus fait mal.
Pour moi ils m'avaient brisés mon avenir, ma carrière, bien sûr de l'activité je ne l'ai jamais perdue, oh non.
preretraites.jpg
par mastif publié dans : Vie courante. communauté : Etre pour les autres.
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